
Avez-vous reçu comme moi un message d’un de vos proches avec ce titre aguicheur « samedi 4 avril : journée sans consommation » ? Si ce n’est pas le cas, ne soyez pas frustrés car ce mail n’est qu’une chaîne classique visant à polluer les boîtes aux lettres des moins avertis sur ce type de nuisance. Ne négligeons pas pour autant la sensibilité des personnes à l’origine de ces messages : ils savent souvent parfaitement saisir dans l’air du temps ce qui pourrait entraîner une adhésion massive et donc amplifier le succès de leur action. C’est donc presque avec plaisir qu’on pouvait légitimement se dire : cette « chaîne » est un signe que les préoccupations changent dans le bon sens … La réalité est toute autre. La journée d’action proposée n’est pas destinée à modifier nos comportements de consommation, elle est destinée à … faire baisser les prix ! Le pouvoir d’achat est de retour… Il n’a malheureusement jamais quitté le devant de la scène…
Une journée sans consommer, c'est bien sûr un soulagement pour notre porte-monnaie. Mais la motivation de l'acte – baisser les prix - est totalement démagogique voire complètement hypocrite.
Se battre contre la vie chère, c'est aussi et peut être surtout se battre pour pouvoir.... consommer plus, donc acheter plus. L’avoir reste le moteur aux dépends de l’être. Alors, une journée sans achat... oui ! Mais pour faire passer un autre message : La consommation ne doit plus être au cœur de nos préoccupations.
Agir, oui ! Mais pour rappeler que la consommation ne nous définit pas. Elle n'est pas un but en soi, elle reste un moyen. Agir oui ! Mais pour souligner que la "création de valeur" n'est pas dans "le panier du consommateur". Elle est dans le lien que chacun crée avec les autres. Agir, oui ! Mais pour promouvoir un autre modèle, une autre manière de vivre où l'être l'emporte sur l'avoir.
Proposons d’abord de limiter le temps dédié à la consommation. S’il fallait se battre sur une journée sans consommation, battons nous déjà pour sauvegarder le dimanche comme un jour où la consommation s’arrête au profit de la … contemplation, du partage ou du repos.
Suggérons ensuite d’éclater l’espace dédié à la consommation. Le modèle des grandes surfaces s’appuie théoriquement sur une baisse permanente des prix, une augmentation massive des quantités, et ne doit sa viabilité qu’à la domination de la route sur tous les autres modes de transport. S’il fallait se battre pour une meilleure consommation, il faudrait forcément s’attacher à préserver les commerces de proximité, à multiplier les points de vente pour ranimer des quartiers et en faire des lieux de vie et non plus des lieux dortoirs… (voire repoussoirs).
Acceptons enfin d’inciter à mieux consommer. Le consensus dominant nous impose une vision quantitative de notre économie (ex : PIB). Il est pourtant possible d’intégrer une composante qualitative : le coût écologique. En admettant l’hypothèse que ce qui est bon pour la planète est bon pour l’Homme, il serait tout à fait logique d’intégrer dans le prix de chaque produit et de chaque service le coût de son empreinte écologique. Ce coût doit être fixé par l’Etat et s’imposer à tous sous la forme d’imposition. C’est l’exemple de la taxe carbone, unique solution à terme pour atténuer la dépendance destructrice de notre société au charbon, au pétrole et au gaz.
Utopique, anachronique, nostalgique ? On a vu pourtant que les solutions existent déjà… Il ne reste qu’à trouver la force, le courage (et l’humilité ?) de les mettre en place. Il y a urgence à faire baisser le poids de la consommation dans nos ambitions sous peine de continuer d’exacerber nos frustrations.
En définitive, face à la lutte des classes du communisme, le capitalisme a fait triompher la lutte pour le pouvoir d’achat. Dans les deux cas, la « lutte » est proposée comme une fin en soi renforçant ainsi notre aliénation à un système de plus en plus inégalitaire et qui assure ainsi sa survie. Le communisme s’est effondré. Le capitalisme suivra t il la même voie ou saura t il se réformer ? Paradoxalement, la crise systémique actuelle porte en elle l’espoir de voir germer de nouveaux paradigmes. Et si le G20 qui se tient actuellement à Londres tend à montrer que le chemin ne sera pas tracé par nos élites, gageons que le changement viendra du bas. C'est-à-dire de nous !
BIBLIOGRAPHIE:
NOM DU SITE:Une journée sans achat... pourquoi ?
SITE WEB: http://www.croissance-verte.com/archive/2009/04/01/une-journee-sans-achat-pourquoi.htmlDATE DE CONSULTATION: 12/11/2010
BIBLIOGRAPHIE DE LA PHOTO:
NOM DU SITE: journée sans achat
SITE WEB: http://www.antipub.org/local/cache-vignettes/L400xH482/jpg_2009jsa-8e44b.jpg
DATE DE CONSULTATION: 12/11/2010
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